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Gaza: grèves étudiantes, mais l’UdeM ne prendra pas position

Un cortège étudiant a traversé le campus de l'UdeM pour réclamer une prise de position officielle de l'UdeM sur la Palestine.

Deux ans après le 7 octobre 2023, 44 associations étudiantes de l’Université de Montréal (UdeM) mènent une grève pour réclamer à l’Université une prise de position officielle sur le sort de la bande de Gaza. Lundi en assemblée universitaire, le recteur, Daniel Jutras, a affirmé cependant que l’UdeM doit maintenir « une réserve institutionnelle. » 

« Il n’y a pas de point où l’Université arriverait à la conclusion qu’il est nécessaire de prendre position », a expliqué M. Jutras en période de questions, argumentant qu’il n’est pas opportun pour l’institution de se prononcer sur tout conflit géopolitique.

Parmi les membres de l’assemblée, la professeure en communication Juliette De Maeyer a indiqué que l’UdeM avait pourtant exprimé une solidarité à l’égard de l’Ukraine des suites de l’invasion par la Russie.

« Moi je fais un mea culpa aujourd’hui, a déclaré M. Jutras. Si c’était à refaire, je ne referais pas ce qu’on a fait à l’époque », en mentionnant notamment l’éclairage de la tour de Roger-Gaudry aux lumières du drapeau ukrainien.

Pour faire pression, une foule s'est réunie lundi aux portes du pavillon Roger-Gaudry, où se tenait l'Assemblée universitaire, le lundi 6 octobre. © Mohammed Aziz Mestiri
Pour faire pression, une foule s’est réunie lundi aux portes du pavillon Roger-Gaudry, où se tenait l’Assemblée universitaire, le lundi 6 octobre. © Mohammed Aziz Mestiri

Dialogue et Gaza

Jusqu’à présent, l’armée israélienne a tué 66 025 habitants et habitantes de l’enclave de Gaza. La Cour pénale internationale a émis le 21 novembre 2024 un mandat d’arrêt à l’encontre du premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, suspecté de crimes de guerre.

La membre d’assemblée et professeure d’histoire, Dyala Hamzah, a pour sa part interrogé si la posture de l’UdeM est conforme à son engagement d’être un « moteur pour la paix et la sécurité ». La réponse est affirmative pour M. Jutras, indiquant que l’UdeM remplit ses engagements par « la promotion de valeurs humanistes par le biais d’activités de recherche et d’enseignement. »

Le recteur reste catégorique. L’Université doit d’abord être un espace de dialogue et laisser l’espace aux membres, a-t-il maintenu. « Moi j’espère, avec beaucoup de force, que toute la communauté universitaire s’exprime » sur la question, a déclaré M. Jutras.

En plus des piquets de grève pour que les cours n’aient pas lieu, nombreuses démonstrations sont prévues à plusieurs endroits de Montréal en guise de solidarité envers Gaza, dont une au Square Victoria dès 19h. 

« C’est un mouvement de grève qui a commencé à se bâtir, pas juste à l’Université de Montréal, [mais aussi] partout au Québec et à plusieurs autres endroits dans le monde », explique le chargé à la coordination aux affaires externes de la Fédération, Frédéric Beaudet.

La mobilisation étudiante en soutien à la Palestine et l'enclave de Gaza est une des priorités du mandat 2025-2026 du Bureau exécutif de la FAÉCUM, a déclaré la secrétaire général, Yasmeen Lazhar lors du dernier congrès général, la nuit du 8 octobre 2025. © Mohammed Aziz Mestiri
La mobilisation étudiante en soutien à la Palestine est une des priorités du mandat 2025-2026 du Bureau exécutif de la FAÉCUM, a déclaré la secrétaire général, Yasmeen Lazhar lors du dernier congrès général, la nuit du 8 octobre 2025. © Mohammed Aziz Mestiri

La neutralité ne suffit pas pour la FAÉCUM

La Faculté des associations étudiantes du campus de l’Université de Montréal (FAÉCUM) s’est associé avec une panoplie de groupes et de collectifs, tels que Convergence des luttes anticapitalistes (CLAC) et le Groupe de Solidarité pour les droits et l’honneur des Palestiniens de l’Université de Montréal (SDHPP-UdeM).

« L’Université de Montréal est restée neutre pendant les deux dernières années. explique M. Beaudet. Ce qui nous importe, c’est surtout la liste des entreprises et compagnies dans lesquelles l’Université de Montréal a de l’argent, et donc qui, directement ou indirectement, vont contribuer au génocide. »

M. Beaudet cite les associations étudiantes de l’Université de Concordia, qui ont obtenu une liste exhaustive de tels investissements de leur établissement. Un désinvestissement est donc réclamé. ainsi qu’une abolition des ententes internationales avec des universités israéliennes, dont notamment l’Université Ben Gourion.

Si l’UdeM s’est désinvestie des énergies fossiles, il n’y aura pas de telle décision en la matière quant aux revendications portées par la FAÉCUM. La vice-rectrice à l’international, Valérie Amiraux, a confirmé qu’il n’y a plus de partenariats académiques avec des établissements en Israël. 

Elle a également indiqué que quatre étudiant·e·s palestinien·ne·s se sont inscrit·e·s à l’UdeM, pour des formations doctorales et post-doctorales. Trois d’entre eux se trouvent encore en Palestine. « Ce à quoi nous faisons face, c’est l’incapacité de les faire sortir et de les aider dans l’obtention d’un droit à quitter le territoire », indique Mme Amiraux.

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