L’itinérance jeunesse à Montréal est une réalité de plus en plus préoccupante. De plus en plus de jeunes se retrouvent sans logement ou en situation de grande précarité, souvent hors du regard du public. Cette réalité est qualifiée d’itinérance « invisible ». Souvent les jeunes concernés alternent entre hébergement temporaire, instabilité résidentielle et situation d’urgence, sans apparaître dans les statistiques officielles.
Créé en 1988 par le Père Emmett Johns, aussi connu sous le nom de « Pops », Dans La Rue accompagne les jeunes sans-abri ou à risque d’itinérance à Montréal et dans ses environs. L’organisme a mis en place plusieurs infrastructures adaptées à leurs besoins, dont le Bunker, un centre d’hébergement d’urgence destiné aux jeunes de 12 à 25 ans. Chaque soir, 17 jeunes peuvent y être accueillis pour se nourrir, se doucher et surtout dormir en sécurité.
Les chiffres témoignent de l’ampleur du phénomène. Entre 2024 et 2025, le centre de jour de Dans La Rue a enregistré environ 21 000 visites, un nombre qui se stabilise selon Gaelle Courson. En revanche, les demandes d’hébergement d’urgence explosent : les visites au Bunker ont augmenté de plus de 200 %.
Ce reportage vise à rendre visible une réalité souvent ignorée et à mieux comprendre les enjeux entourant l’itinérance jeunesse à Montréal. Pour mieux comprendre ce phénomène, j’ai décidé d’interviewer Gaëlle Courson, conseillère principale en communication et développement au sein de l’organisme Dans La Rue.





