Tandis que les médias traditionnels tentent de s’approprier les réseaux sociaux pour atteindre un public jeune, une nouvelle gamme de créateurs de contenu brouille la ligne entre journaliste et info-influenceur. Parmi ceux-ci, on retrouve Isaac Peltz, un journaliste d’enquête indépendant qui utilise les réseaux sociaux pour intéresser son public à ses articles.
Authenticité et journalisme
Selon un sondage de la firme Léger, seulement 39% des Québécois âgés de 18 à 34 ans font confiance aux journalistes. De plus, un rapport sur les élections fédérales signé par le Réseau Canadien de Recherche des médias Numériques affirme que les influenceurs sont « les voix les plus fortes de l’environnement d’information politique en ligne. » Isaac pense que l’authenticité est au cœur du problème :
« L’authenticité c’est la game, c’est pour ça que les médias traditionnels, à l’exception de Rad, échouent sur les réseaux sociaux. C’est parce qu’ils sont inauthentiques, même si ce sont de très bons journalistes. »
– Isaac Peltz

Julia Pagé, une journaliste du laboratoire de journalisme de Radio-Canada (Rad), croit que le journalisme des réseaux sociaux doit rester fidèle aux principes fondamentaux du journalisme, tout en restant moderne et critique. Elle est incertaine de la survie des info-influenceurs, notamment à cause de la « fatigue informationnelle » du public. Selon elle, Isaac est plus journaliste qu’info-influenceur, même s’iel sort du cadre traditionnel dans ses vidéos.
Info-influenceur ou journaliste?
Isaac dit encore apprendre comment utiliser les réseaux sociaux en tant que journaliste. Iel utilise les réseaux sociaux pour promouvoir ses articles tout en créant un lien de confiance avec son public. Malgré son statut de membre de l’association des Journalistes Indépendants du Québec (AJIQ) et de l’Association Canadienne des Journalistes (CAJ), certains le voient comme un info-influenceur plus qu’un journaliste, puisque son contenu sur les réseaux sociaux brouille parfois la ligne entre les deux.
« Il y a une barrière que je traverse un peu, c’est impossible d’être engageant sur les réseaux sociaux et de juste donner les faits. En montrant mon visage et en ayant une expression humaine pendant que je raconte une histoire, mon opinion en devient une partie. »
– Isaac Peltz
Isaac avoue se demander régulièrement où est la ligne entre journaliste et info-influenceur. Entre autres, iel pense à sa collaboration en tant que consultant de recherche pour Greenpeace. Malgré un contrat garantissant son contrôle éditorial complet, et l’approbation quasi totale de ses abonnés, iel ne sait pas si c’était une ligne trop osée à franchir, puisque comme dans le wild west, il n’y a pas de règles claires à suivre.
En quête de légitimité
Isaac considère donc que la prochaine étape est d’élaborer un code déontologique qui assure l’imputabilité des journalistes des réseaux sociaux, tout en encadrant et en légitimant leur travail.
« On doit créer des principes éthiques pour les journalistes sur les réseaux sociaux […] parce qu’il nous faut un principe de responsabilisation, et je pense que ça c’est la prochaine étape que je dois prendre pour être considéré légitime »
– Isaac Peltz





