Arrivé à Montréal il y a un peu plus de trois ans, Santiago Lopez avait tracé son parcours en fonction de règles précises. Étudiant à l’Université Concordia, il a investi d’importantes sommes dans sa scolarité et appris le français, avec l’objectif d’obtenir sa résidence permanente via le Programme de l’expérience québécoise (PEQ).
Or, l’annonce du gouvernement du 19 novembre dernier remet ses plans en question.
Québec a confirmé l’abolition du PEQ. Ce programme, qui permettait une sélection rapide basée sur le diplôme et la maîtrise du français, est remplacé par le Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ), un système fonctionnant par invitation et jugé plus imprévisible par les candidats.
L’enjeu principal soulevé par les critiques concerne l’absence de mesure transitoire, communément appelée « clause grand-père ». Ainsi, les étudiants qui ont entamé leur cursus sous l’ancien régime ne bénéficient d’aucune protection particulière.
« Les gens ont décidé de mettre leur vie dans deux valises en se basant sur des règles précises. Ces règles ont changé en cours de route », explique Me Maxime Lapointe, avocat en immigration. Il s’inquiète des répercussions pour ceux qui sont déjà sur le territoire, soulignant le bris de prévisibilité du système.
Pour Santiago Lopez, la déception est vive. Il constate un décalage entre son intégration sociale et sa réalité administrative. « Quand je sors dans la rue, je vois que j’ai ma place. C’est la politique qui me dit que je suis le problème », témoigne-t-il.
Alors que son permis d’études approche de l’échéance, l’étudiant doit désormais réévaluer son avenir au Québec.


