Sorti de l’ombre, un créateur de contenu québécois nous parle de son ascension sur les réseaux sociaux : « Si je deviens un influenceur, je vais être l’anti-influenceur. »
Il n’y a pas de registre officiel recensant le nombre exact d’influenceurs au Québec. On croit qu’il y a plusieurs milliers de créateurs de contenu actifs selon les données de la plateforme de marketing Modash.
Gabriel Rancourt, figure méconnue du public, a vu son nombre d’abonnés sur les réseaux sociaux atteindre plus de 50 000 en quelques semaines et devenir la coqueluche des médias.
L’incident du Silverado EV

Parti pour des vacances en famille aux États-Unis, leurs uniques vacances annuelles. Il tombe en panne avec leur camion électrique Silverado EV en Illinois. Enchainant les multiples problèmes lors des réparations de son véhicule. Il est pris à séjourner plusieurs jours dans le stationnement du concessionnaire, avec sa roulotte. Sans compter tous les déboires avec la multinationale General Motors.
Gabriel avait déjà annoncé son intention de documenter son voyage en véhicule électrique pour aider d’autres familles. Cette panne non planifiée est devenue un moment clé. C’est là qu’il a décidé de documenter à tous les jours, des vidéos sur les réseaux sociaux. Face à cette épreuve stressante, notamment pour sa conjointe Joanie et ses enfants. Gabriel a choisi de minimiser l’incident plutôt que de se plaindre. La famille a transformé la mésaventure en contenu humoristique sur le web. Créant des vidéos pour démocratiser la situation et générer de la sympathie.
« Je voulais montrer comment on se relève dans des situations comme ça, comment on peut voir ça avec de l’humour »
La philosophie de l’anti-influenceur
Atteint d’une certaine liberté financière, Gabriel désire avoir un impact positif et significatif sur les causes qui lui sont chères. « Si on veut avoir le plus d’impact possible, il faut sortir de l’ombre. » Refusant de créer des contenus superficiels de type « brainrot » ou « atrophie intellectuelle ». Il rejette les privilèges liés à son statut, insistant pour payer les produits qu’on lui proposent et ne pas donner l’impression que l’influence donne un droit au traitement de faveur.
L’argent généré par des conférences est entièrement redistribué à des œuvres de bienfaisance, notamment à la recherche sur la maladie de Parkinson dont son père est atteint. Il vise sur des contenus familiaux authentiques pour contrer la désinformation et laisser un monde meilleur à ses enfants. En utilisant sa nouvelle notoriété et son expertise en marketing pour dénoncer des pratiques d’entreprises.
C’est en promouvant des valeurs d’authenticité, de résilience et de responsabilité sociale et motivées par un désir d’impact positif plutôt que par des gains personnels, qu’il insiste à mentionner.
« Mon objectif est de prouver qu’il est possible d’utiliser l’influence de manière éthique et constructive en ayant un impact positif sur la communauté ».
Dans la jungle numérique où tout le monde publie, le journalisme doit se trouver une place dans cette sphère médiatique. Ce que Gabriel Rancourt nous montre, c’est peut-être une nouvelle voie. Celle d’un récit authentique, transparent, d’une rigueur et d’une éthique, d’un monde pâli par l’influence des réseaux sociaux.





