Oona Barrett, vidéojournaliste chez Pivot. Crédit photo: Jennifer Jetté
« Je pense que les gens ont peut-être marre de l’élitisme du journalisme. Je pense que c’est bien de le démocratiser un peu. La vidéo, c’est aussi ça », déclare Oona Barrett, vidéojournaliste chez Pivot.
Elle croit que le journalisme écrit est un peu en train de mourir et les journalistes doivent s’adapter. Elle est arrivée en tant que première vidéojournaliste à Pivot et a construit toute l’identité visuelle du média.
Vidéojournaliste libre, mais pas totalement
En tant que journaliste indépendante, elle est libre. Mais, travaillant au sein d’une coopérative, elle assiste à une réunion hebdomadaire pour discuter de tous les sujets d’intérêt. L’équipe confirme ensuite les sujets, ce qui lui permet de contrôler presque entièrement sa production.
En contrepartie, elle doit vivre avec un manque de temps. Ce qui fait qu’elle va moins privilégier les sujets d’actualité.
Elle craint de sortir des sujets importants et de manquer de vérifications. Dans les gros médias, comme Radio-Canada, ils ont beaucoup plus de ressources pour le faire. Elle est aussi d’avis que les médias indépendants manquent de soutien juridique et financier pour se protéger.
Lorsqu’une erreur factuelle est constatée, il est presque impossible de revenir dans une vidéo. On doit l’effacer ou écrire un texte pour corriger. Alors que, dans un texte, on peut toujours faire des mises à jour.
S’adapter pour mieux rayonner
Bien qu’elle ait déjà produit de longues vidéos d’enquête, elle est revenue aux formats plus courts. Elle a constaté que les formats longs ne fonctionnent pas bien quand on est un petit média.
Elle affirme que les réseaux sociaux permettent de toucher un public plus large que les sites Web. Pourtant, selon le Digital News Report 2025 de Reuters, leur utilisation pour s’informer a diminué depuis la pandémie.

Madame Barrett constate que sur TikTok, l’algorithme la fait rejoindre plusieurs personnes qui ne sont pas son public cible à la base. Alors que sur Instagram, ça reste dans son bassin assez progressiste.
Ses vidéos les plus populaires sont celles où on la voit sur le terrain. Pour un reportage terrain, ça peut durer deux minutes. Pour un reportage plus analytique, elle vulgarise en trois à sept minutes. Elle fait aussi attention aux premières secondes de la vidéo. Elle va tenter de soit changer son style, soit mettre une image ou un bout d’entrevue accrocheur dès le début.
Selon la vidéojournaliste, les gens veulent de belles analyses et de l’explication. Ils veulent aussi être plus près du journaliste et de l’être humain.
« On le voit avec RAD aujourd’hui, les journalistes sont devenus un peu des acteurs et je pense que les gens veulent voir ça. » – Oona Barrett
Sa vidéo la plus regardée est celle où elle s’infiltre dans une foire immobilière israélienne à Montréal.
Le média français Blast à même repris le sujet en collaboration avec d’autres journalistes.
Elle pense que le vidéojournalisme peut être l’avenir de la nouvelle. Elle croit tout de même que l’étude du journalisme apporte une valeur ajoutée. Cela aide à comprendre les normes et la déontologie à suivre. Cela réduit le risque de confusion entre info influenceurs et journalistes.





