Les bibliothèques s’ajustent à l’ère du numérique. Crédits: Kampus Production.
Par Benjamin Barthelmé.
À l’ère des plateformes numériques et de l’intelligence artificielle, distinguer le vrai du faux devient un enjeu. 48% des Québécois s’informent via les réseaux sociaux en 2025 d’après l’étude NETendances*. Face à cette transformation, les bibliothèques de quartier peuvent jouer un rôle croissant dans l’éducation à l’information.
Le rôle éducatif des bibliothèques
« La désinformation c’est un gros enjeu, c’est sûr […], il va y avoir une grosse couche d’éducation à faire et pas seulement auprès des jeunes », nous explique Josée Dussault. Bibliothécaire à la bibliothèque Le Prévost, dans le quartier Villeray à Montréal, elle nous partage sa vision. Les bibliothèques organisent des ateliers depuis des années, à la fois récréatifs mais aussi éducatifs. Elles ont joué un rôle important notamment pour former du public à l’informatique ou à l’utilisation d’internet.
Désormais les ressources allouées ne permettent pas toujours de continuer ces interactions privilégiées. Il reste une liste d’ateliers proposés par la centrale aux bibliothèques ainsi que les initiatives par quartier. Une consultation rapide du site Montréal.ca montre que peu d’activités portent spécifiquement sur la désinformation ou l’éducation à l’information.

Le défi de la visibilité
D’autre part, certaines initiatives ne rencontrent pas leur public. Josée nous raconte, « l’an passé on avait fait venir un centre jeunesse pour expliquer plein de choses sur les finances, puis on a eu zéro personnes d’inscrites parce que les gens n’avaient pas eu l’information. » En cause, les communications qui se font principalement à la bibliothèque ou sur Facebook, qui n’est pas la plateforme la plus adaptée pour rejoindre les jeunes, selon elle.
Pour autant, Josée n’observe pas de baisse marquée de fréquentation liée aux réseaux sociaux. Les adolescents et les jeunes adultes ont toujours été un public difficile à rejoindre. La situation s’explique davantage par les contraintes scolaires, le travail ou le manque de temps plutôt que l’apparition des plateformes numériques.

Une réalité différente selon les quartiers
Cependant, 57% des internautes québécois voient des fausses nouvelles au moins une fois par semaine*. Malgré ce constat, les usagés ou les équipes ne semblent pas avoir changé leurs pratiques. « Il n’y a pas de vague de panique », nous explique Josée. Mais les habitudes peuvent changer fortement d’un quartier à l’autre. Les besoins d’éducation à l’information varient en fonction du niveau de sensibilisation de la population.
Les réseaux sociaux sont désormais la deuxième source d’information des québécois après la télévision et devant les sites web d’information*. Si cette tendance se poursuit, les questions liées à la vérification des sources risquent de prendre encore plus d’importance. Les bibliothèques disposent déjà de certains outils pour y répondre, mais encore faut-il que le public sache qu’ils existent.





