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À Verdun: nouvelle vague de consommation locale pour les jeunes parents

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La boutique éphémère Nouvelle Vague, dans le local Verdunluv au 3804 rue Wellington à Verdun. Crédits : Benjamin Barthelmé.

Par Benjamin Barthelmé et Emmy Vande Rosieren.

À Verdun, l’absence de boutiques pour enfants a donné naissance à une solution inédite : Nouvelle Vague, une boutique éphémère 100% locale et durable. Des mamans entrepreneuses portent cette initiative autour de la mode de seconde main depuis 2024. Elles transforment un vide commercial en opportunité, alliant économie circulaire et engagement communautaire.

À première vue, l’endroit semble surfer sur la tendance du « slow fashion ». Pourtant, cette initiative répond à un problème bien réel : Verdun ne compte aucune boutique spécialisée pour habiller les plus petits. Face à ce vide, une communauté d’entrepreneures locales a décidé de passer à l’action.

Un vide commercial comblé par l’innovation

Le quartier de Verdun, bien que dynamique et familial, manque cruellement d’options pour les parents cherchant des vêtements de qualité pour leurs enfants. Joanny Savard, cofondatrice de Nouvelle Vague et résidente du Sud-Ouest de l’île, nous explique. « Les familles doivent se déplacer hors de l’arrondissement ou commander en ligne, ce qui soulève des enjeux d’accessibilité, de coûts et de durabilité ».

Nouvelle Vague est née d’un constat simple : mutualiser les ressources pour offrir une alternative locale et durable. « On s’est dit : pourquoi ne pas rassembler nos forces pour créer un espace où les parents peuvent trouver des vêtements de qualité, sans se ruiner ? », raconte l’une des co-fondatrices.

Le projet, lancé par un collectif de mamans entrepreneuses, a rapidement séduit la communauté.

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Joanny Savard et Naïma Gagné, cofondatrices de Nouvelle Vague et passionnées par l’économie circulaire autour des vêtements de seconde main. Crédits : Emmy Vande Rosieren

La seconde main: une tendance qui prend de l’ampleur

Selon Lolitta Dandoy, journaliste de mode et figure incontournable du marché seconde main : « On voit que les gens recherchent de plus en plus à acheter seconde main et local. Cela fait quelques années que ça existe, mais on sent une plus grande conscience dernièrement. Le fait de pouvoir bien s’habiller tout en payant moins cher, y compris pour leurs enfants, est devenu primordial. »

Elle ajoute : « Je suis de plus en plus sollicitée pour parler de mode seconde main. Les parents veulent des alternatives concrètes et accessibles, surtout pour les enfants qui grandissent si vite. »

Les dangers cachés de la fast fashion

Le choix de la seconde main n’est pas seulement économique ou écologique : c’est aussi une question de santé.

En 2017, l’Administration chinoise pour la supervision de la qualité a révélé que des produits de grandes marques comme H&M, Zara et Gap ne respectaient pas les normes de solidité des couleurs, exposant les enfants à des risques d’absorption de substances chimiques.

« C’est précisément pourquoi nous sélectionnons avec tant de rigueur », explique Joanny, co-fondatrice de Nouvelle Vague. « Nos vêtements vintages ont déjà subi leurs premiers lavages : les colorants nocifs ont disparu, et la qualité des tissus a fait ses preuves. »

Un modèle collaboratif et engagé pour les jeunes parents

Le pop-up fonctionne sur un modèle unique : chaque exposante paie 200 $ pour participer, une somme couvrant la location du local. Nouvelle Vague prélève ensuite 17 % du chiffre d’affaires (dont 2 % pour les frais bancaires).

« C’est un équilibre délicat, car les marges sont minces, mais c’est avant tout une passion », confie Corine Deshaies.

Les vêtements doivent répondre à des critères stricts : vintage, coton biologique, ou pièces upcyclées. Chaque article est lavé, détaché, réparé si nécessaire, avant d’être mis en vente. Un processus qui prend en moyenne sept minutes par vêtement.

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La boutique éphémère de Nouvelle vague, Rue Wellington à Verdun. Crédits : Emmy Vande Rosieren

Une réponse à des enjeux sociaux et environnementaux

Au-delà de l’aspect commercial, Nouvelle Vague répond à une demande sociétale croissante. Selon un sondage du Conseil québécois du commerce de détail (2024), 56 % des Québécois ont acheté des produits de seconde main en magasin cette année, une hausse marquée.

L’initiative tisse aussi des liens humains précieux :

« Être entrepreneure, c’est souvent solitaire. Ici, on se soutient, on échange, et ça nous donne l’énergie de continuer », témoigne Joanny.

Parmi les projets en développement : Un partenariat avec des écoles pour récupérer les vêtements oubliés dans les « objets perdus ».

  • Un programme de dons gratuits aux familles dans le besoin, sous forme de « boutique solidaire ».
  • Un site web transactionnel pour étendre leur portée.
  • Des ateliers pour enfants axés sur la customisation et l’upcycling.

Magalie, une maman de passage affirme que « la sélection de vêtements est vraiment bonne, la boutique est accueillante c’est agréable ». Les jeunes mamans recherchent avant tout des vêtements 100% coton, surtout pour les nouveaux nés.

« Les parents de Québec commencent même à faire la route pour venir nous voir », se réjouissent les deux cofondatrices Joanny et Naïma.

Nouvelle Vague est bien plus qu’une boutique : c’est un laboratoire d’idées, un lieu de rencontres, et la preuve qu’un modèle local, durable et humain peut émerger des défis du quotidien. À Verdun, un autre mode est possible et inspire déjà bien au-delà des limites du quartier.

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