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Abolition du PEQ : la restauration en péril?

 Manifestation du 22 novembre 2025 dans les rues de Montréal. Des centaines d’étudiants et  travailleurs temporaires étrangers réclament le retour du PEQ . Crédit photo : La Presse

Par Shan Pelletier et Loubna Chourouk

Le 6 novembre 2025, le Ministre de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration Mr François Roberge annonce la fin du PEQ. Cette nouvelle choque les étudiants étrangers ainsi que les travailleurs étrangers temporaires. Les entrepreneurs québécois qui emploient ces travailleurs québécois redoutent aussi l’impact que l’abolition du programme va avoir sur leur main-d’oeuvre, surtout dans la restauration. D’un coup, le futur est incertain pour les bénéficiaires du PEQ et les restaurateurs de la province.

Des cuisiniers étrangers cruciaux

Depuis la pandémie, les restaurateurs du Québec peinent à recruter de la main-d’œuvre locale, alors ils optent pour le recrutement de personnel à l’étranger. Le programme de l’expérience québécoise (PEQ) représentait une solution rapide pour les propriétaires et un futur au Québec pour les travailleurs étrangers temporaires, en leur permettant d’obtenir la résidence permanente selon l’expérience de travail ici.

L’Association Restauration Québec (ARQ)  se dit inquiète par l’abolition du programme. Ce sont près de 12000 travailleurs étrangers temporaires qui sont embauchés dans les restaurants de la province.

«  38 % des restaurateurs québécois emploient des travailleurs étrangers. Les propriétaires les plus touchés par cette loi sont ceux situés hors de Montréal » nous annonce Martin Vézina, le représentant médiatique de l’ARQ. Sur la Côte-Nord, un restaurant risque de mettre la clé sous la porte d’ici l’été 2026.

Casa Grecque, restaurant à Drummondville, ne peut plus servir de déjeuners à sa clientèle. Il a aussi mis fin à son service traiteur. Le propriétaire Samir Guerras compte sur ses employés issus de l’immigration. Sur 40 employés, 4 sont des travailleurs étrangers, un plafond de 10% imposé par le gouvernement québécois. Deux d’entre eux sont en arrêt de travail, en attente du renouvellement de leur permis. Avec l’abolition du PEQ, Samir considère diminuer les services du midi.

« Avec l’abolition du PEQ, nous serons obligés de couper des heures de service »

– Samir Guerras, propriétaire de Casa Grecque à Drummondville.

En réponse à la fin du PEQ, des milliers de personnes ont manifesté dans les rues de Montréal pour la protection des droits des immigrants et le rétablissement du Programme de l’Expérience Québécoise.

Le député libéral de l’arrondissement l’Acadie et porte-parole de l’opposition officielle sur l’immigration, Mr André Albert Morin défend ces manifestations :

« C’est inhumain de traiter des travailleurs étrangers de cette façon, ils ont tout quitté pour venir s’installer au Québec et nous aider à faire tourner la machine dans plusieurs secteurs économiques…  »

 Il propose le rétablissement du PEQ ou bien le maintien des droits acquis.

Au revoir le PEQ, bienvenue le PSTQ 

Le gouvernement propose une alternative au PEQ, le programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ). Il fonctionne uniquement sur invitation, sans date fixe ni seuils fixés de personnes accueillies. Les restaurateurs doivent s’aligner avec ce nouveau système et planifier à l’avance le recrutement à l’étranger.

Martin Vézina nous explique qu’un diplôme d’études professionnelles (DEP) est requis. Le test de français est aussi rendu plus exigeant. Selon lui, les diplômes demandés sont parfois incompatibles avec la réalité du métier. Il déclare que le Québec a besoin de main-d’œuvre compétente et expérimentée.

Les restaurateurs estiment que les travailleurs étrangers contribuent à l’essor de l’économie québécoise et que les lois d’immigration doivent être plus souples pour contrer la pénurie de la main-d’œuvre.

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