(Crédit photo: Samuel Roy) Chris tourne, avec son équipe, toutes sortes de contenus journalistiques alternatifs dans le sous-sol de sa maison
À travers son média alternatif The Rover, le journaliste et info-entrepreneur Chris Curtis se bat tous les jours pour garder son intégrité et son indépendance, puis pour donner une voix aux gens normaux. En 2025, il a décidé de couvrir les nouvelles sur Instagram tout en boxant sur ses vidéos. Cette tactique a porté fruits puisqu’en un an seulement, son profil est passé de 900 à 40 000 abonnés.
Rares sont les journalistes québécois ayant quitté les médias traditionnels afin de poursuivre une carrière indépendante. Encore plus rares sont ceux ayant également réussi sur les réseaux sociaux.
Chris Curtis en fait partie.
Aujourd’hui, on peut le retrouver sur les réseaux où il couvre les nouvelles tout en boxant afin d’attirer l’attention de l’algorithme.
« La boxe est quelque chose de très visuel […] et au début c’est devenu ma marque de commerce. […] D’avoir une heure dans une journée où tu peux te défouler, je pense que ça fait de moi un meilleur père, une meilleure personne et un meilleur journaliste », affirme Chris.
Question d’indépendance
C’est en 2020 qu’il décide de quitter The Montreal Gazette pour concentrer l’entièreté de son temps à son média à lui : The Rover. Cela faisait déjà quelques temps qu’il désirait produire de plus longs reportages de terrain, mais la posture pro-israélienne de son ancien employeur l’a poussé vers cette décision.

« L’idée était vraiment juste d’avoir un média où je peux écrire, faire des enquêtes longs formats plus littéraires et de développer de beaux liens avec les communautés. »
Cette décision ne lui a peut-être pas procuré une meilleure stabilité financière, mais il est définitivement plus heureux de la liberté éditoriale que cela lui procure.
La majorité de leur revenu provient de leurs abonnements générant environ 160 000 $ d’abonnement annuellement. « Je suis toujours en crise financière, mais ce qui cool, c’est que les gens sont solidaires. Les gens supportent The Rover et me supportent aussi. J’habite dans une maison qui appartient à l’une de nos lectrices et on ne paie même pas de loyer, » se réjouit-il.
Pour un journalisme intègre
The Rover est son bébé. Chris aurait pu l’abandonner pour gagner un meilleur salaire autre part, mais il n’a jamais eu la volonté de le faire. Il se sent bien où est-ce qu’il est puisqu’il ne compromet pas son intégrité.

« On vit vraiment de paye par paye, mais en même temps je dors bien le soir et je peux regarder mon enfant en sachant que je ne suis pas en train de travailler avec des gens qui font de la propagande. »
Procurer une alternative aux jeunes journalistes est aussi une grande priorité.
« Trop souvent, des jeunes se ramassent à Radio-Canada et ils deviennent des bons journalistes, mais tranquillement leur flamme s’éteint. Je voulais créer un environnement où les jeunes peuvent s’épanouir journalistiquement. »
Vous pouvez retrouver Chris sur Instagram et TikTok sous l’identifiant @heytitocurtis et accédez à ses ouvrages sur https://therover.ca/.





