En 2026, la couverture médiatique du climat recule dans le monde entier. Dans un paysage numérique où l’attention est devenue la ressource la plus rare et la plus convoitée, la crise climatique perd la bataille depuis 2020 de l’immédiateté. Alizée Pillod, doctorante en science politique à l’Université de Montréal étudie ce phénomène de près et nous partage ses conclusions.
Nous somme à l’ère du numérique ou l’attention humaine est devenue la ressource la plus convoitée par l’ensemble des acteurs médiatiques de notre époque. Les réseaux sociaux, les chaînes d’information et les médias traditionnels se livrent une compétition acharnée pour capter l’intérêt des utilisateurs. Tous se battent pour quelque secondes. Jean-François Ouellet, professeur de HEC Montréal, illustre bien cette réalité en déclarant que la guerre de l’économie de l’attention a commencé. Il pointe du doigt des réseaux sociaux qui exploitent des mécanismes cérébraux qui mettent l’accent sur la dopamine et les récompenses à court terme.
Dans ce contexte de guerre, la crise climatique se heurte à un obstacle structurel majeur. C’est une crise lente. Elle prend du temps à se manifester, elle n’atteint pas tout le monde en même temps. Cela la rend difficile à être diffusée sur l’époque médiatique dans laquelle on vit. Les plateformes médiatiques privilégient les contenus courts et frappants. Un scandale politique aura une plus grande portée médiatique que la fonte lente des glaciers par exemple. En France, les enjeux climatiques et environnementaux n’occupent que 3,7% du temps à l’antenne. C’est une diminution de 30% depuis 2023.
Quand l’invisibilité médiatique paralyse l’action climatique

La couverture climatique dans le temps surhttps://ccf-project.ca/fr/
Les conséquences de l’attention de plus en plus disputées vont au-delà du combat médiatique. Elles minimisent la perception du public sur les enjeux climatiques. Par extension, elle minimise aussi la volonté d’agir contre. Alizée Pillod, experte en science politique à l’Université de Montréal, recherche sur la couverture médiatique de la crise climatique dans la presse canadienne nous partageant ses connaissances.
« La couverture de la crise médiatique est variable et cyclique. Elle s’intensifie lors d’évènement environnementaux majeurs, mais retombent rapidement. » Alizée Pillod
Cette cyclicité a des répercussions concrètes, car l’opinion publique suit aussi ce phénomène. Madame Pillod le pointe du doigt lorsqu’elle évoque : « Mais où sont parties tous les manifestants qui ont marché dans les rues à Montréal en 2019 ». Alors que les gouvernements mondiaux montrent un recul fort sur leurs politiques environnementales. Selon elle, l’urgence d’agir perd sa force.
Du consensus scientifique au débat politique

Secteur ou la crise climatique est le plus utilisé. (la ligne rouge est le secteur politique) https://ccf-project.ca/fr/
Alizée soulève également un changement dans la façon dont la crise environnementale est couverte par les médias. Avant, la crise climatique était connue comme une problématique scientifique et environnementale. De nos jours, selon madame Pillod, le sujet est de plus en plus utilisé comme un angle politique. Ce phénomène soulève des questionnements par rapport aux politiques à mettre en place selon elle. En cherchant à capter l’attention à tout prix, les médias peuvent brouiller le consensus scientifique et ils alimentent le débat. Alors qu’à cet instant il faut créer l’unité dernière ce problème.
La crise climatique n’attend pas le prochain cycle médiatique. Elle continue de croître. Tant que l’attention restera la marchandise les enjeux climatiques continueront d’être minimiser. Cela prend un choix collectif pour renverser la vapeur, car c’est une information qui mérite d’occuper l’espace médiatique.
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Louis Félix Leblanc





