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Mardi 12 mai – Le secrétaire américain à la Santé, Robert Kennedy Jr., s’attaque désormais au Jell-O. Son ministère, le département de la Santé et des Services sociaux des États-Unis (HHS), menace de retenir des millions de dollars aux hôpitaux et maisons de retraite qui servent du Jell-O, des jus de fruits et d’autres aliments ou boissons sucrés ne respectant pas les nouvelles directives alimentaires MAHA établies en janvier dernier par le département de l’Agriculture.
Un système de surveillance communautaire
Selon un reportage de CBS News, le secrétaire a également évoqué la possibilité de suspendre les versements de Medicaid et Medicare aux établissements récalcitrants.
Pour appliquer cette mesure, le HHS met en place une forme de système de signalement, invitant patients et membres du personnel à dénoncer les contrevenants présumés au gouvernement fédéral.
«Si un hôpital sert des boissons sucrées à ses patients, il n’est pas en conformité avec les normes gouvernementales et met ses remboursements en péril», a écrit sur X plus tôt ce mois-ci Calley Means, l’un des conseillers de Kennedy.
«Si vous voyez des patients à qui l’on sert des boissons sucrées, veuillez publier l’information ci-dessous ou en informer CMS.»
– Calley Means, conseiller de Robert F. Kennedy Jr.

Un «mandat fédéral», selon Kennedy
Kennedy a déclaré le mois dernier que son agence avait notifié les hôpitaux à travers le pays des nouvelles conditions. «Nous allons mettre tous les hôpitaux du pays en conformité avec la bonne alimentation», a-t-il déclaré selon CBS, qualifiant la mesure d’«essentiellement un mandat fédéral».
Des experts médicaux et juristes interrogés par CBS estiment toutefois que l’agence n’a peut-être pas l’autorité nécessaire pour imposer une mesure aussi large et sans précédent. «La plupart de cela relèvent du théâtre politique. HHS n’a pas le pouvoir de faire grand-chose», a déclaré Kevin Klatt, diététiste et chercheur. «Et puis, quand on en arrive au point de vouloir contrôler les choix des gens, on a un peu l’air fasciste.»
Le HHS revient sur ses propres déclarations
Dans un communiqué, le porte-parole de l’agence, Andrew Nixon, a nuancé les propos du secrétaire. Selon lui, la directive «n’établit pas de nouveaux mandats, ne modifie pas les Conditions de participation à Medicare et ne crée pas de nouvelles pénalités pour les hôpitaux ou maisons de retraite».
Il a ajouté qu’«il n’y a aucun changement aux processus d’application, d’inspection ou d’accréditation associés à cette directive».
Une stratégie politique ?
Cette campagne contre le Jell-O intervient alors que la Maison-Blanche a, dans les faits, réduit au silence Kennedy sur ses habituelles théories du complot vaccinales et ses propositions de santé plus radicales à l’approche des élections de mi-mandat, qui s’annoncent déjà difficiles pour le Parti républicain.
L’homme de 72 ans a été encouragé à se concentrer sur des sujets jugés sans risque: qualité alimentaire et activité physique, baisse des coûts de santé, lutte contre la fraude à la facturation et promotion de pratiques médicales rigoureuses.
Même Donald Trump aurait pris ses distances avec Kennedy, jugeant certaines de ses politiques trop excentriques. Le président n’a pas pris position publiquement sur le Jell-O, mais son régime alimentaire, centré sur la restauration rapide, est notoire.





