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L’infodémie : quand la désinformation devient virale

Une Samsung Galaxy Tab S et un Google Pixel 3XL affichent des informations sur le coronavirus.

Photo : @upgradeur_life / Unsplash
Pendant la pandémie de la COVID-19, une vague massive de désinformation s’est propagée sur les réseaux sociaux.

Le 11 mars 2020, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a déclaré la COVID‑19 une pandémie mondiale. La planète entière s’est arrêtée. D’énormes vagues de désinformation ont soudainement envahi Internet. Des théories diverses se sont propagées rapidement, alimentées par la viralité offerte par les réseaux sociaux. Ce phénomène a un nom : l’infodémie.

La pandémie parallèle de la COVID-19

Lorsque la pandémie a commencé, environ 23 % des Américains croyaient que le virus avait été créé comme arme biologique par le gouvernement chinois. Les théories du complot ont très rapidement fait apparition: la 5G favorisait la propagation du virus de la COVID‑19, certains remèdes maison pouvaient guérir la maladie.

Même certains patients mourants du virus continuaient d’affirmer que la maladie était un canular.

« Nous ne combattons pas seulement une épidémie, nous combattons aussi une infodémie », déclare Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS.

OMS – Conférence de Munich sur la sécurité

Une infodémie est une surabondance d’informations – certaines exactes, d’autres non, qui se propage parallèlement à une éclosion de maladie. En 2020, 53 % des adultes américains s’informaient sur les réseaux sociaux. C’est pourquoi la désinformation peut avoir des conséquences néfastes.

Les groupes d’extrême droite ont profité de la situation pour diffuser leurs propres théories du complot, exploitant la peur et la panique. QAnon, de leur part, a remis en question la fiabilité des organisations de santé publique telles que l’OMS.

L’OMS au centre de la crise

Fondée en 1948, l’OMS avait pour objectif principal de coordonner les questions de santé au sein des Nations unies. Elle a travaillé à identifier et soutenir la recherche en santé à travers le monde, collaborant avec les pays membres.

Les enquêtes sur les éclosions étaient principalement menées par chaque pays individuellement. Cependant, les règlements sanitaires internationaux exigeaient que les gouvernements déclarent certaines maladies contagieuses, dont la peste, le choléra et la fièvre jaune.

Une confiance déjà fragile avant la pandémie

Bien qu’elle ne dispose pas d’un pouvoir coercitif réel, l’OMS a connu plusieurs succès importants. Elle a permis de diminuer de manière significative le nombre de cas de cécité des rivières et d’éradiquer la variole. Aujourd’hui, son objectif principal est de garantir la santé pour tous.

Avant même l’infodémie, plusieurs pays avaient déjà exprimé un manque de confiance envers l’Organisation mondiale de la Santé. Sa structure interne, son fonctionnement constitutionnel et son manque de transparence faisait l’objet de critiques.

En 1995, une éclosion d’Ebola au Congo est demeurée inconnue de l’OMS pendant trois mois. Ceci révèle certaines faiblesses dans la surveillance mondiale de la santé publique.

Avec l’arrivée de la COVID‑19 et l’explosion de l’infodémie, l’OMS s’est de nouveau retrouvée sous les projecteurs. L’organisation éprouve des difficultés de financement depuis sa création, mais la pandémie a mis cette vulnérabilité en lumière.

Les limites de la capacité de l’OMS à intervenir rapidement lors de crises sanitaires ont été largement remises en question.

Le gouvernement américain s’est opposé à certaines réformes visant à renforcer l’organisation, exprimant des préoccupations quant à la capacité de l’OMS à faire face à des menaces futures. Notamment en provenance de la Chine.

Réseaux sociaux et désinformation

La désinformation sur les réseaux sociaux constitue un véritable défi pour l’OMS.

Les plateformes numériques exercent une influence importante sur la communication des mesures de santé publique.

Au cours des trois premiers mois de 2020, près de 6 000 personnes à travers le monde ont été hospitalisées en raison de fausses informations liées au coronavirus.

American Journal of Tropical Medicine and Hygiene

Comment l’OMS tente de ralentir l’infodémie

Afin de combattre l’infodémie, l’OMS a développé différentes stratégies qui ont déjà connu plusieurs succès.

Pour limiter la propagation de la désinformation sur Internet, l’équipe de communication des risques de l’OMS a mis sur pied une nouvelle plateforme appelée WHO Information Network for Epidemics. Elle utilise des amplificateurs sur les réseaux sociaux afin de partager des informations adaptées à différents groupes cibles.

En partenariat avec le gouvernement britannique, l’OMS a également lancé la campagne « Stop The Spread », une campagne de sensibilation aux dangers de la diffusion de fausses informations concernant la COVID‑19.

En collaborant avec les plateformes de réseaux sociaux, l’OMS a aussi facilité le signalement de la désinformation pour ralentir la propagation de l’infodémie.

Une crise de confiance toujours présente

Le plus grand défi auquel l’OMS est confrontée est le manque de confiance de certains gouvernements qui hésitent encore à lui permettre d’intervenir rapidement en cas de crise sanitaire. Sans le soutien du gouvernement américain, l’organisation doit maintenant relever un important défi de crédibilité.

Et ce, en pleine crise mondiale.

C’est le paradoxe : l’infodémie prospère dans les espaces laissés vides par le manque de confiance envers les institutions. Tant que les gouvernements hésiteront à accorder à l’OMS les moyens d’agir, la désinformation continuera de combler le vide.

Le 11 mars 2020, le monde s’est arrêté. Est-ce que nos institutions sont prêtes pour la prochaine fois ?

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